Pour bien comprendre le bulletin…
Ce texte vous a été communiqué dans le bulletin de Noël 2010.
Depuis le Décret Missions de 1997, nous vivons une transformation de l’évaluation du travail et de la maîtrise des acquis de nos élèves.
Pour éviter les malentendus et les incompréhensions, vous trouverez ici le fil conducteur de ce projet souhaité par la Communauté française.
L’objectif du présent document est d’apporter une référence claire et simple, valable pour tous les enseignants, les élèves et leurs parents, concernant les trois niveaux du concept d’évaluation des élèves. Une terminologie commune y est précisée parce qu’indispensable. Les fonctions de l’évaluation ont été objectivement délimitées, leurs modalités d’application s’inspirent de la réalité du terrain et sont confrontées à leur faisabilité.
1. Evaluation à valeur formative
a. Fonction
L’évaluation formative fait partie intégrante de l’apprentissage qu’elle permet d’orienter et de réguler. Il est donc indispensable de la pratiquer et de la faire pratiquer par l’élève. Elle permet, en effet, de poser sur les différentes productions de l’élève un regard analytique et diagnostique, tant sur la maîtrise des ressources (savoirs, savoir-faire et attitudes) que sur les stratégies d’apprentissage et de réalisation des tâches ainsi que sur la maîtrise des compétences.
Elle constitue pour l’élève un entraînement.
Ce type d’évaluation est basé sur le double principe du “ droit à l’erreur ” et de “ l’erreur, source de progrès”. Cela signifie que les différentes productions seront analysées en vue
- de mesurer leurs qualités en termes de conformité avec le résultat attendu ;
- d’observer les processus et les stratégies mis en œuvre pour parvenir aux productions attendues ;
- de s’interroger sur les causes d’une erreur commise ou d’une difficulté rencontrée.
Sans préjuger d’un résultat final ni pénaliser l’élève, l’évaluation à valeur formative doit permettre à l’élève et à ses parents de prendre conscience du niveau de maîtrise par rapport à celui attendu pour réussir et, le cas échéant, d’être avertis d’éventuelles lacunes qui pourraient le pénaliser lors de l’évaluation à valeur certificative.
C’est ainsi qu’elle devient source de progrès et d’évolution.
Durant les phases d’apprentissage et d’intégration, on recourra donc régulièrement à l’évaluation à valeur formative sous forme
- d’évaluation pratiquée par le professeur (exercices d’entraînement en classe, interrogations, travaux, …),
- d’évaluation menée par d’autres élèves ou d’autres partenaires (maître de stage, …),
- d’autoévaluation.
Cette forme d’évaluation est fondée sur des critères et des indicateurs que les élèves se seront appropriés avant de passer à la phase de production. Ces mêmes critères serviront lors de l’évaluation à valeur certificative.
b. Modalités
L’évaluation à valeur formative a donc pour fonctions :
- de réguler les apprentissages ;
- d’orienter les décisions, soit d’orientation, soit de certification.
Il convient de vérifier la bonne structuration de tous les éléments constitutifs de l’apprentissage : la mémorisation des ressources, leur mobilisation dans des activités allant du simple au plus complexe, la maîtrise des savoir-faire et des procédures, la présence des attitudes adéquates et de stratégies de réalisation appropriées aux tâches à mener.
Cette vérification régulière et progressive s’opèrera le plus souvent possible de manière contextualisée, en montrant à l’élève les liens avec la production finale attendue lors de l’évaluation à valeur certificative.
Il convient également d’entraîner l’élève à la réussite de tâches complexes telles qu’elles lui seront proposées au terme de l’apprentissage. L’élève pourra ainsi “ travailler ” l’aspect intégrateur d’une telle situation et remédier aux erreurs commises lors d’une première tentative avant une épreuve à valeur certificative.
2. Evaluation à valeur certificative
a. Principes généraux
L’évaluation à valeur certificative a pour but de mesurer le degré de maîtrise des compétences qu’a atteint l’élève à travers la qualité de ses productions ou de ses prestations.
Il s’agit de bien programmer les moments réservés à ce type d’évaluation mais les périodes arrêtées pour ce type d’évaluation ne doivent pas correspondre automatiquement à une session d’examens, dans la mesure où elles se situent au terme d’une séquence significative d’apprentissage.
En outre, elles ne sont plus nécessairement fixées au sein de l’établissement quand elles relèvent de l’évaluation externe certificative (CEB, CE1D, TESS).
Cette évaluation se mène idéalement au moyen de tâches qui permettent à l’élève de mobiliser les ressources (savoirs, savoir-faire et attitudes) apprises.
En fonction des degrés et des disciplines, l’évaluation à valeur certificative peut porter sur certaines ressources et vérifier des stratégies de réalisation de tâches.
b. Evaluation critériée
b.1 Critères d’évaluation
Un critère est une qualité attendue de la production, de la prestation de l’élève et/ou du processus utilisé pour arriver à cette production ou prestation.
Sa formulation doit donc préciser cette qualité.
Les critères sont les mêmes pour une même famille de situations/tâches. Ils constituent la base sur laquelle la décision de réussite va être prise.
En fonction des niveaux et des disciplines concernés, il revient à chaque équipe de professeurs, en concertation, de fixer la valeur relative des différents critères.
On gardera en mémoire le fait que la certification porte sur la maîtrise des compétences à un niveau donné du cursus de formation.
b.2 Indicateurs de critères
Un indicateur est un signe observable et mesurable à partir duquel on peut percevoir que la qualité exprimée dans le critère est bien rencontrée.
Les indicateurs sont propres à chaque situation. Ils sont donc variables et adaptés au niveau d’apprentissage.
L’ensemble des indicateurs en rapport avec un critère donné constitue une échelle de niveaux de maîtrise pour ce critère. Les indicateurs sont donc liés à la tâche proposée.
3. Certification
Si chaque professeur établit un diagnostic quant au niveau de maîtrise des compétences de l’élève dans sa discipline avant d’entrer en délibération, la sanction certificative appartient au conseil de classe ou à toute autre instance habilitée à le faire par la loi (jury de qualification).
Ces instances prendront une décision collégiale et solidaire.
Cette décision a pour but de valider officiellement aux yeux des parents et pour la société civile la réussite ou l’échec d’une année, d’un degré, l’obtention d’un certificat, la décision de passage de classe.
Cette sanction peut s’assortir de conseils d’orientation motivés par les différents types d’évaluation qui ont été menés en cours d’année. Les données recueillies en évaluation formative peuvent être très utiles à cet effet et peuvent aussi toujours soutenir une décision de réussite, si nécessaire.
L’organisation éventuelle d’une seconde session s’accommode mal avec les grands principes énoncés dans ce document. Elle a donc été supprimée dans l’établissement (exception faite des classes terminales). En effet, il est plus raisonnable de préparer l’élève à la réussite de son année scolaire dans le courant de cette dernière plutôt que pendant la période des vacances d’été.
Plus question donc de miser sur un effort de dernière minute et un petit sprint final pour espérer réussir : c’est chaque jour que se construit la réussite de l’année scolaire.
C’est ce que nous souhaitons à tous nos élèves….mais eux-seuls peuvent choisir librement d’adopter l’attitude qui les mènera au succès.
Françoise PERSOONS
et l’équipe pédagogique du Centre scolaire.
